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15 janvier 2026, 19h - Le Havane (20e). Atelier local de propositions

  • Photo du rédacteur: Paris Collectif
    Paris Collectif
  • 21 déc. 2025
  • 5 min de lecture

Dernière mise à jour : 20 janv.

Le 15 janvier 2026, Paris Collectif organisait un atelier local de propositions dans le 20e arrondissement, au Havane. Cet espace d’échange, qui a réuni une dizaine d'habitant·e·s, visait à permettre l’expression libre des vécus, des préoccupations et des propositions des habitant·e·s, afin de nourrir une réflexion collective sur l’avenir du quartier et de l’arrondissement.

Les échanges ont rapidement mis en évidence des enjeux profondément imbriqués : la difficulté croissante à se loger et à rester vivre dans le quartier, les conditions d’émancipation des jeunes, la qualité de l’espace public et le sentiment de sécurité, ainsi que l’accès effectif aux droits et aux services publics. Au-delà de la diversité des sujets abordés, un fil rouge traverse l’ensemble des discussions : le décalage entre les politiques publiques telles qu’elles sont conçues et les usages, besoins et ressentis des habitant·e·s.


1. Habiter le 20ᵉ : logement, inégalités et droit à rester dans son quartier


1.1. Pression immobilière et régulation du marché du logement

La question du logement est apparue comme centrale et structurante. Les participant·e·s expriment un sentiment de pression immobilière croissante, qui fragilise les habitant·e·s les plus modestes et compromet la capacité des jeunes à rester vivre dans le quartier. L’encadrement des loyers est jugé insuffisant pour endiguer la hausse des prix et limiter les pratiques spéculatives.

Les locations de courte et de moyenne durée sont identifiées comme un facteur aggravant, réduisant l’offre de logements pérennes. Le développement du co-living, avec la transformation d’immeubles entiers en logements meublés à loyers élevés, est perçu comme une dérégulation du marché, contribuant à une transformation sociale rapide de certains secteurs du 20ᵉ arrondissement. Si ces phénomènes relèvent en grande partie de décisions à l’échelle parisienne, des leviers locaux sont évoqués, notamment la possibilité de préempter des logements, sous réserve de moyens financiers suffisants à l’échelle de l’arrondissement.


2.2. Logement social, justice territoriale et conditions de vie

Les échanges mettent en lumière un décalage entre la production de logements sociaux et les besoins réels du territoire. Si le 20ᵉ arrondissement a produit du logement social, celui-ci ne correspond pas toujours aux catégories les plus précaires. Par ailleurs, une concentration importante de logements sociaux le long du périphérique expose leurs habitant·e·s à une pollution élevée et à des logements souvent mal isolés thermiquement.

Cette situation est vécue comme une injustice territoriale. Les participant·e·s expriment le souhait de développer du logement très social de manière plus équilibrée dans l’ensemble de l’arrondissement, notamment dans les quartiers qui en sont aujourd’hui peu dotés. La réhabilitation du bâti existant est privilégiée afin d’éviter une concentration excessive et de favoriser une véritable mixité sociale.


2. Grandir, apprendre et s’émanciper : éducation et jeunesse


2.1. Politiques éducatives et inégalités d’accès

L’éducation est identifiée comme un enjeu majeur pour l’avenir du quartier. Les participant·e·s soulignent la diminution des classes vertes et l’externalisation de certaines activités éducatives, perçues comme une perte importante, en particulier pour les enfants des quartiers populaires. Ces dispositifs sont considérés comme essentiels pour l’ouverture culturelle et le développement des enfants, mais ils manquent aujourd’hui de continuité et de portage politique clair.

L’absence d’interlocuteur identifié au sein de la mairie sur ces questions est ressentie comme un frein à la mise en œuvre de politiques éducatives ambitieuses et adaptées aux réalités locales.


2.2. Jeunesse, sociabilité et expression politique

Au-delà de l’école, les échanges mettent en évidence un manque de lieux et de dispositifs permettant aux jeunes de se réunir, de se retrouver et de s’exprimer collectivement. Le 20ᵉ arrondissement, l’un des plus jeunes de Paris, nécessite un accompagnement renforcé des parcours de jeunesse.

Les participant·e·s insistent sur la nécessité de donner aux jeunes des moyens d’expression politique et de leur reconnaître une place légitime dans la vie publique locale. La question de l’accès à l’espace public cristallise des tensions, avec une distinction implicite entre des jeunes considérés comme légitimes lorsqu’ils fréquentent des lieux marchands, et d’autres qui se voient refuser toute place, alimentant un sentiment d’exclusion et de stigmatisation.


3. Espace public, cadre de vie et sentiment de sécurité


3.1. Aménagements urbains et ressenti des habitant·e·s

Les échanges révèlent un décalage entre les intentions des politiques d’aménagement et le ressenti des habitant·e·s. La piétonnisation de certaines rues est globalement appréciée pour l’apaisement qu’elle procure en journée, mais elle peut générer, la nuit, un sentiment d’insécurité en raison du manque de circulation, de présence humaine et d’éclairage public.

Le sentiment de sécurité est identifié comme un enjeu insuffisamment pris en compte dans les diagnostics existants, alors qu’il conditionne fortement l’appropriation de l’espace public.


3.2. Usages des équipements publics et espaces de convivialité

Les participant·e·s questionnent la prise en compte des usages réels dans la gestion des équipements publics. L’exemple des piscines municipales, où certains choix de gestion découragent la fréquentation des familles, illustre ce décalage.

Les espaces verts et les jardins partagés sont également au cœur des discussions. Si certains parcs sont appréciés pour leur qualité, la gestion externalisée de plusieurs jardins partagés est critiquée pour avoir affaibli leur rôle de lieux de rencontre. Les participant·e·s expriment le souhait que ces espaces retrouvent pleinement leur fonction de convivialité et de lien social, au-delà d’une logique strictement productive.


4. Solidarités locales, accès aux droits et politiques de proximité


4.1. Accès aux droits et recul des services publics de proximité

L’accès aux droits apparaît comme un enjeu transversal et particulièrement préoccupant. De nombreux habitant·e·s ne connaissent pas leurs droits ou rencontrent des difficultés pour y accéder. Les dispositifs existants sont jugés insuffisants, peu visibles ou mal répartis sur le territoire, tandis que la disparition des guichets physiques en mairie renforce le sentiment d’éloignement des services publics.

Les associations locales jouent un rôle central, parfois en se substituant aux institutions, ce qui pose la question de leur reconnaissance et de leur soutien.


4.2. Médiation, information et solidarités de terrain

Plusieurs propositions émergent pour renforcer l’accès aux droits de proximité : création de nouveaux points d’accès, déploiement de dispositifs mobiles, organisation de permanences régulières dans les quartiers populaires, notamment dans les immeubles de bailleurs sociaux. L’importance de mieux informer les habitant·e·s sur les services existants est soulignée, en s’appuyant sur des moments de contact direct comme les campagnes de recensement ou le lien avec les écoles.

Les échanges abordent également la question de l’alimentation comme un enjeu de solidarité locale, avec la volonté de développer des dispositifs permettant à toutes et tous d’accéder à une alimentation de qualité.

Enfin, la question de la salle de consommation à moindre risque située dans le secteur de Pelleport est évoquée comme un sujet sensible nécessitant une concertation approfondie. Les participant·e·s estiment qu’un tel équipement doit s’inscrire dans une politique globale de réduction des risques, incluant prévention, accompagnement social et dialogue avec les habitant·e·s.


L’atelier met en lumière une forte attente de politiques publiques plus justes, plus lisibles et plus proches des réalités vécues dans le 20ᵉ arrondissement. Les échanges montrent que les enjeux de logement, d’éducation, de jeunesse, d’espace public et d’accès aux droits sont étroitement liés et ne peuvent être traités séparément.

Au-delà des constats, les participant·e·s expriment un attachement profond à leur quartier et une volonté de contribuer activement à son avenir. Ce compte rendu témoigne d’un besoin de co-construction des politiques locales avec les habitant·e·s, afin de répondre de manière plus fine et plus équitable aux défis sociaux, urbains et démocratiques du territoire.


Si vous aussi, vous souhaitez participer à la construction d'un 20e plus solidaire, plus écologique et plus démocratique, vous pouvez :

💬 contacter Rivka Bercovici (06 81 48 74 84) et Juliette Luans (07 52 02 32 01), co-référentes du groupe local du 20e ;

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