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20 novembre 2025, 19h - Le Formidable (19e). Atelier local de propositions

  • Photo du rédacteur: Paris Collectif
    Paris Collectif
  • 20 nov. 2025
  • 7 min de lecture

Dernière mise à jour : 12 janv.

Le 20 novembre 2025, Paris Collectif organisait un atelier local de propositions dans le 19e arrondissement, au Bar Le Formidable, dans le quartier Jaurès. Cet atelier s’inscrit dans la démarche de construction citoyenne portée par Paris Collectif : partir de la parole des habitant·e·s, de leurs usages quotidiens et de leur expertise de terrain pour faire émerger des propositions concrètes, ancrées localement et utiles à l’échelle municipale.


L’atelier a réuni une dizaine d'habitant·e·s et a permis d’aborder en profondeur plusieurs grands enjeux du 19e arrondissement : la nature en ville et la qualité de l’espace public, les mobilités, l’alimentation, les services publics municipaux et le logement. Les échanges ont mêlé constats très concrets, retours d’expérience et propositions opérationnelles, parfois ambitieuses ou expérimentales.



1. Nature en ville et qualité de l’espace public


1.1. Constat :


Un arrondissement « vert » mais très contrasté : Le 19e est souvent perçu comme un arrondissement vert, du fait de la présence de nombreux espaces naturels et paysagers : le parc de la Villette, les Buttes-Chaumont, la Butte du Chapeau Rouge et le canal de l’Ourcq. Il abrite également le plus grand parc intra-muros de Paris, la Villette.

Cependant, ce constat est largement nuancé par les participant·e·s. Plusieurs soulignent que la concentration de grands parcs ne suffit pas à garantir une véritable qualité de vie à l’échelle du quartier. Le parc de la Villette, en particulier, est décrit comme très minéralisé, cloisonné par de nombreux grillages et espaces fermés, et peu propice à une immersion réelle dans la nature. Sa gestion par le ministère de la Culture, et non par la Ville de Paris, est perçue comme un frein à une évolution plus écologique et plus démocratique du site.

En parallèle, de nombreuses zones de l’arrondissement, notamment au sud (autour de Jourdain et Télégraphe), sont jugées excessivement bétonnées. Le manque de végétalisation y est très perceptible, tout comme les difficultés liées à la gestion des eaux pluviales, avec des espaces régulièrement inondés lors de fortes pluies.


Un espace public peu hospitalier : Les participant·e·s relèvent un manque important de bancs et de mobilier urbain permettant de s’asseoir, de se rencontrer et de profiter de l’espace public. Ce manque est parfois associé à la présence de mobilier dit « anti-SDF », qui contribue à rendre l’espace public peu accueillant, notamment pour les personnes les plus précaires.

Certaines zones souffrent également d’une mauvaise réputation en matière de sécurité (agressions, vols). Des habitant·e·s notent toutefois que cette réputation est parfois exagérée ou déconnectée de la réalité vécue, notamment autour du parc de la Butte du Chapeau Rouge.


1.2. Propositions :


Végétaliser massivement l’espace public : Face à ces constats, une priorité forte se dégage : végétaliser massivement l’espace public, partout où cela est possible.

Les propositions formulées sont très concrètes :

  • planter des arbres dès que les contraintes techniques le permettent ;

  • ouvrir et agrandir les fosses d’arbres existantes, sur le modèle de pratiques déjà mises en œuvre dans d’autres arrondissements ;

  • végétaliser les façades et les toitures, notamment le long de grands axes comme l’avenue de Flandre ;

  • transformer des places de stationnement en espaces végétalisés, à l’image d’un parking transformé en jardin au croisement des rues de Meaux et Cavendish.

Des secteurs précis sont identifiés comme prioritaires : la rue de Crimée, la rue de Ménadier, ainsi que les quartiers Jourdain et Télégraphe. La question de la gestion des eaux pluviales revient régulièrement, avec l’exemple de l’angle Bourrée–Jaurès, où de grandes flaques se forment à chaque orage.


Repenser les parcs et leurs usages : Concernant les parcs, les participant·e·s expriment le souhait de :

  • réduire la part du béton et des clôtures ;

  • désimperméabiliser davantage les sols ;

  • améliorer les continuités écologiques entre les espaces verts.

L’accès à vélo au parc de la Villette est jugé difficile (ponts peu pratiques, dos-d’âne, conflits d’usage avec les piétons).

Paris Plage est également évoqué : certaines zones des berges sont aujourd’hui fermées l’été, alors qu’elles étaient accessibles auparavant, ce qui est perçu comme une régression.



2. Mobilités


2.1. Constat :


Une place encore dominante de la voiture : Malgré les évolutions récentes, le 19e est décrit comme un arrondissement où la voiture reste très présente. Plusieurs participant·e·s évoquent un non-respect fréquent des limitations de vitesse et un sentiment d’insécurité pour les piétons et les cyclistes.

Les carrefours de l’avenue de Flandre sont particulièrement critiqués : aménagements confus, croisements dangereux entre bus et voitures, absence de signalisation claire et espaces entièrement bitumés, jugés anxiogènes.


Un réseau cyclable incomplet : Les difficultés rencontrées par les cyclistes sont nombreuses :

  • accès compliqué aux secteurs en pente (Jourdain, Télégraphe) ;

  • absence d’aménagements cyclables continus sur des axes majeurs comme la rue de Crimée ou la rue de Belleville ;

  • discontinuités et conflits d’usage sur le boulevard des Maréchaux.

L’accès cyclable au RER E à Rosa Parks est également jugé insuffisant, alors même que cette gare constitue un nœud de connexion métropolitain important.


2.2. Propositions : Les propositions formulées sont claires et parfois ambitieuses :

  • rendre cyclables en priorité la rue de Crimée et la rue de Belleville, quitte à réduire l’espace dédié à la voiture ;

  • sécuriser les intersections de l’avenue de Flandre, notamment par la mise en place de carrefours à la hollandaise ;

  • améliorer la gestion de la circulation automobile à Jaurès, par exemple via une meilleure synchronisation des feux ;

  • reconfigurer les carrefours et réduire le bitume inutile ;

  • couper le pont de Crimée à la circulation automobile.


2.3. Piste exploratoire pour désenclaver certains secteurs : Bien que l’arrondissement soit globalement bien desservi par les transports en commun (métro, RER, tramway), leur organisation en étoile autour de Stalingrad laisse certains secteurs enclavés, notamment vers Pyrénées et Télégraphe.

Une proposition exploratoire est formulée : étudier la mise en place de télécabines pour desservir les secteurs hauts de l’arrondissement.



3. Alimentation


3.1. Constat, un accès inégal à une alimentation de qualité : Le 19e dispose de peu de marchés alimentaires. Celui du 104 est cité comme exemple : bien que bio, il est petit et perçu comme peu accessible socialement. Plusieurs AMAP ont disparu, notamment le bateau AMAP qui approvisionnait la Rotonde, en raison de difficultés de recrutement et de distribution.

Les participant·e·s regrettent également le manque d’espaces associatifs et de cantines de quartier, qui pourraient jouer un rôle central en matière de lien social et d’accès à une alimentation de qualité.


3.2. Propositions :


Soutenir les AMAP et les circuits courts : Une proposition forte émerge : faire de la Ville de Paris un client des AMAP en difficulté, notamment via les cantines municipales. Cette mesure permettrait de sécuriser les débouchés des AMAP et de soutenir l’agriculture locale.


Repenser la restauration collective : Les cantines scolaires centralisées sont critiquées pour la qualité et la faible localité des produits proposés. Les participant·e·s proposent de :

  • décentraliser les cantines ;

  • développer des cantines de quartier (par exemple rue de Crimée) ;

  • créer des magasins municipaux engagés dans l’achat de produits locaux et bio.


L’école comme levier de transformation : L’école est identifiée comme un levier essentiel pour diffuser un modèle d’alimentation saine et durable. Les propositions incluent :

  • la sensibilisation des élèves aux enjeux environnementaux et sanitaires liés à l’alimentation ;

  • la promotion d’une alimentation saine et durable ;

  • l’apprentissage de la cuisine sans viande.


L'expérimentation de la Sécurité sociale de l'alimentation : Enfin, les participant·e·s soutiennent la mise en place d’une sécurité sociale de l’alimentation dans le 19e arrondissement, sur le modèle d’expérimentations existantes, avec des dispositifs permettant d’accéder à des produits de qualité dans les commerces locaux.



4. Services publics municipaux


4.1. Un arrondissement fragile mais très dynamique : Le 19e concentre des populations fragiles, de nombreuses familles et un tissu associatif particulièrement dense. Plusieurs participant·e·s soulignent que la délégation de nombreux services publics à des acteurs privés pose problème, citant notamment le centre sportif Pailleron.


4.2. Le difficile accès aux soins : Le 19e est décrit comme un désert médical, avec la fermeture récente d’un centre de soins à Stalingrad et l’ouverture de nombreuses cliniques privées (notamment chez les kinésithérapeutes et les dentistes).

Des besoins spécifiques sont identifiés :

  • maintenir et renforcer les centres médico-psychologiques, comme celui de Rosa Parks ;

  • garantir la pérennité des dispositifs de réduction des risques ;

  • renforcer l’offre de santé sexuelle, notamment autour de la rue de Meaux.

Les propositions incluent l’ouverture ou la réouverture de centres municipaux de santé à Stalingrad et Rosa Parks, ainsi que le renforcement des centres de protection maternelle et infantile, compte tenu du nombre élevé d’enfants dans l’arrondissement.


4.3. L'accès aux services publics et l'accompagnement humain : La dématérialisation croissante des démarches administratives pose de fortes difficultés aux publics précaires et aux personnes âgées isolées. Plusieurs fermetures sont évoquées, notamment celle d’une maison d’aide et d’un centre des impôts.

Les participant·e·s proposent :

  • la création de lieux offrant un accès à internet et un accompagnement humain pour les démarches administratives ;

  • d’aller au-delà d’un simple service civique intergénérationnel, en expérimentant par exemple un territoire zéro chômeur au service des personnes âgées.


5. Logement : accessibilité, dignité et charges


5.1. Constat, un parc social important mais vieillissant : Le 19e arrondissement compte une forte proportion de logements sociaux, souvent occupés par des familles nombreuses. Le principal problème identifié n’est pas tant le niveau des loyers que celui des charges, liées à la vétusté du parc et à l’état parfois insalubre de certains logements.


5.2. Propositions :

  • Lutter contre l’isolement.

  • Éviter que des logements sociaux restent vacants pendant de longues périodes, notamment après un décès.

  • Créer des résidences solidaires avec des services mutualisés.

  • Réquisitionner des locaux vides pour l’hébergement d’urgence.

  • Veiller à l'encadrement des locations touristiques de type Airbnb.

  • Mettre en place une garantie municipale de loyers, complémentaire aux dispositifs existants, afin de rassurer les propriétaires et faciliter l’accès au logement.


Cet atelier local de propositions dans le 19e arrondissement met en lumière une forte exigence de justice sociale, d’écologie concrète et d’accès effectif aux droits fondamentaux. Les échanges témoignent d’une volonté de reprendre collectivement la main sur l’espace public, les services publics et les politiques municipales, à partir des réalités vécues par les habitant·e·s.


Si vous aussi, vous souhaitez participer à la construction d'un 19e plus solidaire, plus écologique et plus démocratique, vous pouvez :

💬 contacter Anna Bittighoffer (06 58 51 72 15) ou Auriane Luquet (06 40 97 74 23), co-référentes du groupe local 19e ;

📲rejoindre le groupe local : https://chat.whatsapp.com/KR1a34pi3cD79vxSYMZ6d8

 
 
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