20 novembre 2025, 18h30 - Café du Château (14e). Atelier local de propositions
- Paris Collectif

- 20 nov. 2025
- 5 min de lecture
Dernière mise à jour : 12 janv.
Le 20 novembre 2025, Paris Collectif organisait un atelier local de propositions dans le 14e arrondissement, au Café du Château. Ce temps d’échange s’inscrit dans notre démarche de démocratie citoyenne : partir du vécu quotidien des habitant·e·s pour identifier les enjeux du territoire et construire collectivement des propositions municipales ancrées dans le réel.
Pendant près de deux heures, une dizaine d'habitant·e·s ont partagé leurs constats, leurs inquiétudes et leurs idées autour de trois grands thèmes :
la convivialité et la vie de quartier,
les mobilités, et,
le logement.
Les échanges ont mis en lumière un arrondissement contrasté, attachant, mais traversé par des tensions fortes liées aux transformations urbaines et sociales en cours.
1. Convivialité et vie de quartier
1.1. Constat :
Un 14e aux multiples visages : Les participant·e·s ont d’abord souligné qu’il n’existe pas un seul 14e arrondissement, mais plusieurs réalités de quartier, avec des dynamiques très différentes, notamment entre le nord et le sud. Cette diversité se traduit par des niveaux inégaux de vie de quartier, de lien social et de sentiment de sécurité.
Un sentiment d’insécurité en progression : Un sentiment d’insécurité croissant a été exprimé dans plusieurs secteurs : Pernety, la rue des Thermopyles, la rue du Moulin des Lapins, la porte de Vanves et le secteur Didot. Ce sentiment ne renvoie pas uniquement à des faits précis, mais aussi à une impression plus diffuse de dégradation du cadre de vie et de perte de repères collectifs.
Des commerces de proximité qui disparaissent : La perte progressive des commerces locaux, y compris dans des rues historiquement marchandes comme la rue d’Alésia, a été identifiée comme un facteur central de l’affaiblissement de la vie de quartier. Plusieurs participant·e·s ont exprimé le sentiment de voir disparaître ce qui faisait l’âme de certains secteurs.
« On a du mal à créer du lien » : Des mots forts ont été employés pour décrire cette évolution : « l’impression de vivre à Disneyland », « on a de plus en plus de mal à créer du lien entre les gens », notamment autour de la rue des Thermopyles. Ces propos traduisent une inquiétude face à une standardisation des quartiers et à la perte d’authenticité du 14e.
1.2. Des propositions pour recréer du lien et améliorer le cadre de vie
Davantage d’espaces pour les jeunes : Un constat partagé est celui du manque d’espaces et d’infrastructures dédiés aux jeunes dans le 14e. Les équipements existants sont jugés insuffisants ou peu attractifs. Le centre sportif Rosa Parks est par exemple cité comme un lieu perçu comme mal fréquenté, dissuadant les plus jeunes de s’y rendre.
Les participant·e·s proposent :
de rendre les infrastructures existantes plus attractives ;
de mieux mailler le territoire en équipements de proximité ;
de donner davantage de moyens aux associations, essentielles pour toucher les publics jeunes.
Les secteurs de Pernety, Didot et de la porte de Vanves sont identifiés comme prioritaires.
Un commerce bio accessible dans chaque quartier : L’accès à une alimentation de qualité est apparu comme un enjeu important. Le bio reste largement perçu comme un produit de luxe, peu accessible. Les coopératives et commerces bio touchent aujourd’hui majoritairement un public privilégié.
L’objectif exprimé est clair : permettre l’installation d’au moins un commerce bio accessible dans chaque quartier du 14e, avec un besoin particulièrement urgent à la porte de Vanves. Une question centrale reste ouverte et fait débat : comment embarquer les commerces pour permettre une baisse drastique des prix et rendre le bio réellement accessible ?
Une véritable végétalisation de la place de Catalogne : La place de Catalogne cristallise de nombreuses attentes. Les participant·e·s estiment que la promesse de « forêt urbaine » n’est aujourd’hui pas tenue. La végétalisation est jugée insuffisante, notamment en raison des contraintes liées aux réseaux souterrains, qui empêcheraient le bon développement des racines.
Cet exemple illustre plus largement les difficultés à mener des projets de végétalisation ambitieux dans des espaces urbains contraints, et la nécessité d’aller plus loin que des aménagements symboliques.
Sécurité et médiation, un débat ouvert : La question de la sécurité traverse fortement les échanges et fait débat. Plusieurs interrogations restent ouvertes et méritent un approfondissement collectif :
quelle place et quel rôle donner à la police municipale ?
jusqu’où aller dans la médiation ?
faut-il davantage de policiers municipaux dans le 14e, et pour faire quoi ?
quelle formation pour répondre aux enjeux spécifiques des quartiers ?
Aucune réponse unique ne s’impose à ce stade, mais un consensus émerge sur la nécessité de traiter ces questions de manière démocratique et approfondie.
2. Mobilités : apaiser l’espace public et mieux partager la rue
Une voiture encore très présente : Dans plusieurs secteurs du 14e, la voiture reste très présente et source de nuisances, notamment sur l’avenue Jean Moulin. À l’inverse, un manque de stationnement est signalé dans certaines rues commerçantes comme la rue d’Alésia, créant des tensions avec les commerçant·e·s.
Des conflits d’usage persistants : La cohabitation entre piétons, cyclistes et autres usagers reste difficile dans certains espaces :
place de Catalogne, où des scooters circulent malgré les interdictions ;
avenue du Général Leclerc, marquée par de fortes tensions entre cyclistes et piétons.
La rue d’Alésia est également identifiée comme un axe particulièrement accidentogène.
Former la police municipale à la sécurité routière : Une proposition a émergé : renforcer la formation de la police municipale aux enjeux de sécurité routière, afin de mieux prévenir les accidents et réguler les conflits d’usage. Un point de débat demeure sur l’équilibre à trouver entre répression et sensibilisation.
3. Logement : des constats forts, peu de leviers perçus
Sur la question du logement, les échanges ont surtout fait émerger des constats et des besoins. Plusieurs participant·e·s expriment un véritable crève-cœur de ne pas pouvoir acheter dans le 14e, devenu inaccessible pour de nombreux ménages.
La dégradation de la qualité des logements sociaux est également pointée, notamment dans les secteurs de Didot, Alésia et de la porte de Vanves. À ce stade, aucune proposition structurée n’a émergé, mais ces constats appellent un travail approfondi.
Cet atelier local de propositions met en lumière un arrondissement profondément attaché à sa vie de quartier, mais traversé par des inquiétudes fortes : perte de convivialité, transformations commerciales, sentiment d’insécurité, tensions dans l’espace public. Les échanges montrent une attente forte de politiques municipales capables de recréer du lien, de rendre l’espace public plus apaisé, et de garantir l’accès à des services et à une alimentation de qualité pour toutes et tous. Ils rappellent enfin l’importance de traiter les sujets sensibles — sécurité, mobilités, transformations urbaines — avec exigence démocratique et à partir de la parole habitante.
Si vous aussi, vous souhaitez participer à la construction d'un 14e plus solidaire, plus écologique et plus démocratique, vous pouvez :
💬 contacter Coline Grimée (07 57 18 59 03) ou Pierre Arène (06 75 31 86 85), co-référent·e·s du groupe local 14e ;
📲rejoindre le groupe local : https://chat.whatsapp.com/CQXMYhmJX0CL5wK2qSdiSt


