22 octobre 2025, 18h30 - Le Bar Commun (18e). Atelier local de propositions
- Paris Collectif

- 21 oct. 2025
- 5 min de lecture
Dernière mise à jour : 12 janv.
Le 22 octobre 2025, Paris Collectif organisait un atelier local de propositions au Bar Commun, dans le 18e arrondissement, réunissant une dizaine d'habitant·e·s du quartier.
Cet atelier s’inscrit dans la démarche de construction collective portée par Paris Collectif, visant à faire émerger des propositions municipales à partir des besoins exprimés par les habitant·e·s et de leur connaissance fine du territoire.
La rencontre s’est déroulée en deux temps :
Un premier temps d’identification des manques, dysfonctionnements et enjeux prioritaires du quartier : les échanges ont mis en lumière des problématiques structurelles fortes, mêlant enjeux sociaux, démocratiques, urbains et alimentaires, avec une attention particulière portée aux questions d’inégalités territoriales et d’inclusion.
Un second temps consacré à l’élaboration de propositions concrètes, notamment autour du logement, de la solidarité, de l’alimentation et de l’aménagement urbain.
1. Constats partagés : ce qui manque, ce qui pose problème
1.1. Alimentation et sécurité alimentaire : Les participant·e·s ont identifié les enjeux d’alimentation et de sécurité alimentaire comme un problème central du quartier. L’accès à une alimentation de qualité, saine et abordable apparaît insuffisant, notamment pour les ménages les plus précaires. Cette question est perçue comme transversale, à la fois sociale, sanitaire et urbaine.
1.2. Vie démocratique et participation citoyenne : Un déficit de vie démocratique locale a été largement souligné. En particulier, les conseils de quartier sont jugés peu accessibles, tant du point de vue de l’information que des modalités de participation. Les habitant·e·s ont exprimé un sentiment d’éloignement des espaces institutionnels de décision.
À ce titre, une remarque a été formulée concernant l'expérimentation de tirage au sort, qui permettrait de de favoriser une plus grande mixité sociale et une participation plus représentative. Cette pratique est perçue comme une piste intéressante pour renouveler les formes de démocratie locale dans les arrondissements.
C. Paysage urbain et cadre de vie : Les échanges ont également mis en évidence un mal-être lié au paysage urbain, caractérisé par :
une pollution visuelle et sonore importante ;
des aménagements jugés peu qualitatifs ou insuffisamment pensés ;
un manque de végétalisation, notamment des façades et de l’espace public.
Les participant·e·s ont exprimé un fort besoin de transformation du cadre de vie, à travers davantage de nature en ville et des aménagements plus soignés et apaisants.
D. Carte scolaire et ségrégation territoriale : La question de la carte scolaire a été identifiée comme problématique, notamment dans le cas de collèges situés sur des frontières d’arrondissements (par exemple le collège Rosa Parks). Ces situations sont perçues comme génératrices d’inégalités et de tensions, et comme un frein à la mixité sociale et scolaire.
2. Propositions formulées
2.1. Logement et hébergement, un enjeu central du quartier : Le logement et l’hébergement ont été identifiés comme des enjeux cruciaux dans le 18e arrondissement. Plusieurs propositions et pistes ont été discutées :
Faire baisser le coût des loyers, notamment en s’inspirant d’expériences de coopératives immobilières. Un exemple cité dans le 20e arrondissement montre qu’une coopérative peut acheter des logements et en rester propriétaire, tout en en garantissant l’usage à des habitant·e·s à des loyers maîtrisés.
Des références au Québec ont été évoquées, où des réseaux d’aide collaborent étroitement avec les collectivités locales pour faire émerger des projets de logement coopératif. L’idée serait de permettre à des habitant·e·s souhaitant créer une coopérative d’être accompagnés, notamment par des associations, y compris sur le plan financier.
Trois enjeux majeurs ont été identifiés :
l’obligation morale et politique d’ouvrir des espaces d’hébergement d’urgence, notamment en mobilisant des lieux publics pour répondre à la situation des personnes sans domicile ;
la baisse du coût des loyers ;
la lutte contre la spéculation immobilière, perçue comme un facteur aggravant de l’exclusion et de la précarité.
2.2. Construire une ville solidaire, inclusive et ancrée dans son histoire : Les participant·e·s ont exprimé une forte volonté de renforcer l’identité et la mémoire populaire du quartier, tout en favorisant l’inclusion.
Plusieurs propositions ont émergé :
Créer un musée d’histoire populaire, en lien avec l’histoire riche du village de la Chapelle. Ce lieu pourrait jouer un rôle de mémoire collective, à l’image de ce qui existe à Montmartre. Un site potentiel a été évoqué : la réhabilitation d’une grange située au 38 rue de la Chapelle, qui pourrait devenir un lieu de mémoire, de culture et de transmission.
Soutenir les commerces locaux et de proximité, en particulier dans le secteur de Max Dormoy, afin de renforcer la vie de quartier et de lutter contre la désertification commerciale ou la mono-activité.
2.3. Aménagements urbains et mobilités : Plusieurs propositions visent à améliorer le cadre de vie et à désenclaver le quartier :
Développer des rues aux écoles et augmenter le nombre de zones piétonnes, afin d’apaiser l’espace public, améliorer la qualité de l’air et favoriser les usages locaux.
Créer une passerelle au nord du quartier, identifiée comme un levier important pour lutter contre l’enclavement et améliorer les continuités urbaines.
2.4. Alimentation de qualité et politiques alimentaires locales : La question alimentaire a fait l’objet de propositions détaillées :
Créer un marché de proximité à La Chapelle, dans un quartier qui en est aujourd’hui dépourvu. Les habitant·e·s doivent actuellement se déplacer (tramway, Barbès) pour accéder à un marché. Un tel équipement permettrait également de réinvestir et d’animer l’espace public.
Lancer une expérimentation de sécurité sociale de l’alimentation, afin de garantir un accès universel à une alimentation de qualité.
S’inspirer d’initiatives existantes, comme l’épicerie Sawa, où les prix sont modulés en fonction des ressources, pour lutter contre les inégalités sans stigmatiser.
Insister sur la nécessité d’une coordination alimentaire inclusive, afin d’éviter toute forme « d’apartheid alimentaire » (séparation entre magasins bio pour publics favorisés et dispositifs spécifiques pour les plus précaires).
Développer une offre de restauration rapide, saine et bio accessible à toutes et tous, afin de concilier contraintes de temps et exigences de qualité.
2.5. Dépasser les frontières et développer les coopérations territoriales : Enfin, les participant·e·s ont souligné l’importance de :
jumeler davantage les arrondissements ;
renforcer les liens avec la banlieue ;
transformer les portes de Paris en véritables lieux d’échanges, de passage et de rencontre, plutôt qu’en simples frontières urbaines.
Cet atelier a mis en évidence des attentes fortes en matière de justice sociale, de logement, d’alimentation, de démocratie locale et de cadre de vie dans le 18e arrondissement. Les propositions formulées témoignent d’une volonté de penser des politiques municipales à la fois ambitieuses et profondément ancrées dans les réalités locales.Elles soulignent également l’importance de dépasser les logiques sectorielles pour construire une ville solidaire, inclusive et coopérative, attentive à son histoire comme à ses habitant·e·s les plus vulnérables.
Ces contributions viendront nourrir le travail programmatique de Paris Collectif et illustrent, une nouvelle fois, la richesse des démarches de co-construction citoyenne à l’échelle des quartiers.
Si Si vous aussi, vous souhaitez participer à la construction d'un 18e plus solidaire, plus écologique et plus démocratique, vous pouvez :
💬 contacter Agathe Diaz Neusch, référente du groupe local 18e (07 89 33 91 97) ;
📲rejoindre le groupe local : https://chat.whatsapp.com/HsKPJM4ctqZ49ElSDudp8J


